retour à la salle de presseCommuniqué de presse
2010-11-10
Team Arena : aux filles de l'eau
Depuis les Championnats d’Europe de natation en août dernier, tous les regards sont tournés vers les garçons. D’accord les Bernard, Lacourt, Agnel sont beaux, sympathiques et ils gagnent. Mais Les filles aussi méritent de l’attention! Et si les performances ne sont pas encore au rendez-vous, l’engagement, lui, est total. Accident, contre-performance, changement d’entraîneur, cohabitation vie sportive-vie professionnelle... En dépit de tous les aléas, Diane, Mylène, Margaux, Julia, Adeline plongent au quotidien avec panache. Chapeau bas.
Mylène Lazare : une femme parmi les hommes
Visage lumineux et doré, regard franc, sourire généreux, Mylène Lazare respire le bon esprit. Seule fille dans le groupe de sprinters du CN Antibes avec Alain Bernard en chef de file, elle se sent pourtant parfaitement à l'aise. Cette grande nageuse apporte une touche féminine qui équilibre le groupe. Spécialiste du 200m NL, Mylène Lazare pointe des ambitions sur 100m NL depuis le relais 4X100m NL aux Championnats d'Europe cet été. Et c'est vrai que si le sprint masculin tricolore brille par son intensité, côté féminin, tout reste à construire. «J'ai la chance de m'entraîner avec eux, j'en ai conscience, confie Mylène. C'est vrai que je suis la seule fille, mais j'ai ma place et je la défends ! Je m'entends très bien avec les garçons et avec Denis Auguin, mon entraîneur. L'enjeu pour moi reste une qualification en individuel, en plus du relais. Cela passe par un travail différent. A l'entraînement mais aussi dans ma tête. Il y a un déblocage à faire. Cela fait quelque temps que je stagne aux alentours des deux minutes. J'ai une étape à franchir. J'ai vraiment envie de la dépasser. Je dois travailler sur tous les domaines : tactique, physique, technique, mental.»
Julia Vendeville : architecte et nageuse ou vice versa
Cette brasseuse, petit bout de femme directe, est tiraillée au quotidien. Architecte ou nageuse ? Nageuse ou architecte ? L'an dernier Julia Vendeville avait mis sa carrière professionnelle entre parenthèses pour s'investir corps et âme en natation. Sans podium, ni résultat à la hauteur de son engagement. Elle n'en nourrit aucun dépit. Changement de club, d'entraîneur et de rythme cette saison pour Julia qui dessine des piscines dans un cabinet d'architecte en région parisienne. «Je m'entraîne avec Philippe Lucas à Paris et avec Morgan Dufour lorsque je suis à Brest. Philippe a bien compris mon problème et s'est intéressé à ma situation. Je nage moins que l'année dernière. J'ai changé de vie, je ne nage plus qu'une fois par jour. Je me consacre un peu plus à mon travail d'architecte. Je me sens mieux, j'ai trouvé une sorte d'équilibre.» Julia a livré son premier « bébé » en 2009, un bassin d'apprentissage sur la plage de Ouistreham, près de Caen. « Là, je commence mon premier gros chantier, un bassin de 25m avec 4 couloirs, pour une communauté de communes. Pour moi, dessiner des piscines est naturel, je vis tout le temps dedans. Quand on construit une piscine, on recherche du confort, de la fonctionnalité. Il faut répondre aux attentes de tous. La particularité d'une piscine est qu'elle accueille tous les publics : les plus jeunes, les plus vieux, ceux qui viennent pour jouer, pour nager. Mon côté nageuse reprend souvent le dessus, quand il s'agit de concevoir de bons bassins pour apprendre à nager, pour s'entraîner dans de bonnes conditions».
Adeline Martin, Margaux Fabre : touchées mais pas coulées
On peut être nageuse de haut niveau et être passionnée par d'autres sports. Originaire des Pyrénées Orientales, Margaux Fabre aime le ski. La nageuse de demi-fond est une fonceuse et cela lui a valu une clavicule fracturée, deux côtés cassées, un pneumothorax et un traumatisme crânien l'hiver dernier sur le pistes... Cette jolie frimousse au caractère bien trempée n'envisage pas une seconde de bouder les pentes enneigées. Pourtant la blessure a laissé des traces. « Quand je nage, j'ai des appréhensions. Cela peut paraître bête mais j'ai peur qu'elle recasse. Je ressens mon épaule plus fragile ». Eloignée des bassins pendant deux mois à la suite de cet accident, elle a choisi de retrouver ses racines et de changer d'entraîneur. «Je suis revenue à Canet-en-Roussillon. C'est agréable d'être chez soi et d'avoir sa famille à proximité. Le contenu de l'entraînement a évolué. Le changement fait du bien. Avec Richard Martinez, on faisait beaucoup de technique, d'éducatif. Avec Maxime Corniller, on se concentre davantage sur le sprint. Je veux m'investir sur le 200m NL. Si j'arrive à retrouver mon niveau, j'aimerais me qualifier aux Championnats du Monde en individuel...».
Adeline Martin revient elle aussi de loin. La longiligne et gracieuse nageuse de demi-fond a été victime d'un accident de scooter quelques semaines avant les championnats de France 2010. Fracture du fémur, double fracture du tibia et une grande tige de métal de 38 cm dans l'os... Elle a assisté en spectatrice aux qualifications de ses copains d'entraînement, Coralie Balmy, Alain Bernard, Boris Steimetz et Mylène Lazare pour les Europe. Cette interruption forcée l'a amenée à réfléchir sur son engagement. « Je me suis rendue compte que la vie en dehors de la natation de haut niveau est différente. On a beaucoup plus de temps libre. Il faut savoir garder le rythme. Mais la natation me manquait. Je suis ravie de retrouver mes camarades de club et de revivre l'ambiance des compétitions».
Diane Bui Duyet : l'aînée au plaisir intact
C'est la fée clochette de la natation française. Petit gabarit au corps parfait, elle sait toujours nous envoûter avec ses ondulations en papillon en dépit de ses 30 ans révolus. Cette fille des îles a toujours le goût des levers au petit matin, des déjeuners à la va vite, du froid au bord de l'eau, des partitions sous-marines répétées sans fin... « C'est la vie de haut niveau qui donne un plus à ma vie » confie Diane Bui Duyet. Pourtant elle pourrait avoir des motifs de frustration. L'an dernier, l'aînée du groupe France a établi un record du monde du 100m papillon (55''05 aux Championnats d'Europe petit bain d'Istanbul). Eh bien cette saison elle n'a pas été qualifiée aux Championnats du monde petit bain qui se dérouleront à Dubaï en décembre prochain. Les autorités n'ont retenu que les performances réalisées en grand bain. Aucune amertume dans le sourire de Diane. «Ce sont les règles. Il faut les respecter. Du coup je vais faire l'impasse sur la saison en petit bain et me battre pour me qualifier au printemps en grand bain ». En fin de saison elle a quitté Marseille pour poser ses valises à Canet-en-Roussillon et continuer à s'entraîner avec Maxime Cornillier. Encore un nouveau départ...




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