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Communiqué de presse

2010-09-17

Coupe Icare : onze Irakiens se posent à Saint-Hilaire vendredi

Ils avaient été annoncés fin août mais les organisateurs n’avaient plus eu de leurs nouvelles. Finalement au terme d’un long voyage, onze Irakiens ont posé leur parapente à Saint Hilaire du Touvet jeudi soir pour assister à la Coupe Icare. Une première ! Déjà très cosmopolite, l’événement élargit encore le nombre de nationalités présentes. Mohammed et Fathi Seba Al Jbury sont responsables d’un des rares clubs de vol libre d’Irak. Il est implanté à Mossoul, deuxième ville du pays. Les passionnés sont venus accompagnés de sept licenciés de 24 à 47 ans de leur club et deux caméramans de la télé nationale irakienne. Si le temps le permet, ils espèrent voler ce week-end sur le plateau des Petites Roches.

Ils ont été repérés l'an dernier à un festival de parapente en Turquie par Ed Ewing, un journaliste de Cross Country Magazine. Ils ont manifesté leur désir de découvrir les spots majeurs de parapente en Europe, et la Coupe Icare est apparue incontournable. Le journaliste a décidé de leur donner un coup de pouce et a suggéré aux organisateurs de la Coupe Icare de les inviter à la 37e édition.

Les invitations sportives facilitent l'obtention des visas pour les ressortissants de pays où la circulation des personnes est très réglementée. Résultat : les onze membres de l’équipe ont obtenu les papiers nécessaires en huit jours (contre deux à trois semaines habituellement).

 

L’histoire de Fathi Seba Al Jbury est singulière. Ancien capitaine et pilote au sein de la compagnie aérienne Iraki Airlines, il est aujourd’hui concessionnaire automobile. Sa passion du vol l’a dirigé en 1980 vers le vol libre : « Je suis le premier Irakien à avoir sauté en parachute en amateur » explique-t-il fièrement. Il accumule les premières pendant plusieurs années : premier Irakien à voler en delta en 1984, premier moniteur de delta en 1986. Aujourd’hui, 255 personnes sont licenciées dans son club, dont 49 professeurs. Son club est le plus grand d’Irak avec 65 aéronefs disponibles, montgolfières comprises, que Fathi a acheté avec ses propres moyens. Le passionné de vol libre touche en effet à tout afin de pouvoir financer et développer son activité : « J’ai même recyclé des matériaux d’appareils défectueux pour construire des montgolfières et les revendre à l’étranger » poursuit l’intéressé.

Ses deux fiertés : « mon fils de 11 ans vole déjà seul en parapente. Comme il ne pèse que 38 kg, on l’a lesté avec des bouteilles d’eau ». Il est aussi ravi que 25 femmes pratiquent le vol libre dans son pays, l’essentiel en parachute.

 


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