retour à la salle de presseCommuniqué de presse
2010-06-23
Coupe Icare 2010 : Vincent Saffioti, un homme qui s’envoie en l’air au quotidien
L’homme est bien ancré sur ses deux pieds du haut de son mètre soixante quinze. Ses cheveux bruns coupés courts entourent un regard serein. La voix s’exalte dès lors qu’il parle de sa passion, voler. Ce chanceux la vit au quotidien car il a réussi à la conjuguer sur le plan personnel et professionnel. Ce chevalier du ciel, Commandant de la base d’hélicoptère de la Sécurité Civile de Grenoble, est aussi passionné d’aéromodélisme. Quand il n’est pas à bord de la machine de Léonard de Vinci, il fait voler les maquettes qu’il construit dans son club, au cœur du Dauphiné. Vincent Saffioti et son club d’aéromodélisme seront présents lors de la Coupe Icare pour le lancement du premier salon de l’aéromodélisme. Il présentera son dernier bébé, la réplique de l’hydravion d’Henri Fabre. Rencontre avec un homme, que les grands engins font voler et qui fait voler les petits.
« Voler est un rêve d'enfant ». Pourtant, rien ne prédestinait ce grenoblois d'adoption à faire du vol son quotidien, si ce n'est un goût prononcé pour la montagne. A 54 ans, Vincent Saffioti affiche dix mille heures de
vol à son actif et plus de quarante années de pratique d'aéromodélisme. Un dévouement personnel et professionnel pour cet homme « aspiré par tout ce qui vole».
Vincent Saffioti débute l'aéromodélisme à 8 ans, alors son seul moyen de faire du ciel son terrain de jeu. Le jeune homme s'adonne ensuite aux joies du planeur puis de l'avion. Mais les cours de pilotage coûtent chers et ses parents n'ont pas les moyens de payer. Vincent Saffioti enchaîne alors les petits boulots pour s'offrir ses heures de vol. A 18 ans, il s'inscrit à plusieurs concours dans l'aéronautique. Il les obtient tous. « Ma passion pour le vol, le ciel et l'aéronautique m'a motivé sur le plan scolaire ». Il rentre dans l'Armée de l'air, bac en poche, à 18 ans. Il devient l'un des plus jeunes pilotes de chasse. A 21 ans, il est breveté pilote d'hélicoptère de combat dans l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT). D'abord affecté en région parisienne, il obtient par la suite un poste de pilote d'hélicoptère en montagne à l'escadrille ALAT de Grenoble. Une consécration pour Vincent Saffioti, pour qui « montagne, vol et hélicoptère riment ensemble. » Aujourd'hui Commandant de la base d'hélicoptère de la Sécurité Civile de Grenoble, Vincent Saffioti considère la machine de Léonard de Vinci comme le « nec plus ultra. Il y a cette sensation de voler comme un oiseau, la liberté de décoller et d'atterrir où l'on veut.» Ces années à voler à bord de grands engins n'ont rien changé au désir de faire voler des maquettes. Au détail près qu'à présent Vincent Saffioti ne se contente plus seulement de les faire voler, il les construit aussi. « Le but d'un maquettiste aéromodéliste est de reproduire à l'identique un avion ayant déjà existé. L'objectif est qu'il n'y ait aucune différence à dix mètres du sol entre le vrai et la maquette. » Une ressemblance que le grenoblois quelque peu perfectionniste pousse à l'extrême en s'imposant une réplique parfaite à deux mètres du sol. « Cela demande beaucoup de travail mais ces heures de sérénité viennent compenser notre métier, parfois très stressant ».
Sa collection comprend entre autres le baron rouge, le stuka de la 2nde Guerre Mondiale et depuis peu l'hydravion d'Henri Fabre. « C'est un vrai travail de reproduction qui demande une précision absolue et un certain travail historique aussi. Il faut aimer construire et être soigneux. Il faut aussi savoir piloter l'avion.» Et l'art n'est pas aisé. « Toute la difficulté de l'aéromodélisme est de ne pas être à bord de l'engin. Tout doit être jugé visuellement : l'altitude, la position... Ce qui requiert une grande réactivité et une coordination rapide entre ce que l'on voit et ce que l'on fait via les manettes. » Un exercice complexe qui n'est pas plus inné pour les pilotes professionnels que pour les autres. Vincent Saffioti en sourit. Il est toujours incapable de piloter un hélicoptère radiocommandé, faute de retrouver les sensations de vol qui font son quotidien.



