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Communiqué de presse

2010-05-03

Bernard Michel, Artiste Invité : " C’est une nouvelle aventure qui me passionne complètement "

Bernard Michel, bonjour. Vous êtes plasticien, scénographe et le premier Artiste Invité de la marque Aventures des Toiles. Vous avez collaboré avec l'équipe de création pour réaliser la collection Point-Ligne-Plan de l'hiver 2010. Une collection inspirée de votre film du même nom. Décrivez nous ce film ?
Bernard Michel : C'est un film qui décrit l'aventure d'un artiste, comment en partant du point se crée une œuvre. C'est un peu le même principe que l'œuvre de Picasso quand il a fait le film « Mystère Picasso », où l'on voit sa main réaliser un tableau. Sauf que là, avec l'informatique et les logiciels très performants dont on dispose aujourd'hui, on peut éviter cela. On a utilisé ici un logiciel spécifique capable de reproduire la goutte ou l'encre sur le papier. Je voulais que l'on ressente, non pas un effet technologique mais un effet de base, qui est simplement celui de l'encre qui coule sur le papier, comment elle s'imprègne sur le papier.
Le film a été projeté pendant une chorégraphie de 60 min sur un écran de 14 mètres de long sur 6 mètres de haut, à Genève. De là, ce film est devenu une pièce plastique que j'ai appelé : Point-Ligne-Plan. On ne voit même pas la progression, on la sent. Tout le principe était en effet qu'on ne perçoive pas les phénomènes de transformation et qu'en même temps, à chaque fois qu'on regarde, on se dise « ça a changé ». Tout ce principe a été un travail de fine entre le moment de ce point et la finalité qui est le carré. Tout ça pendant 60 minutes. Cela peut paraitre fastidieux, ennuyeux, mais pas du tout, c'est comme si on était absorbé par l'évolution de la couleur, par la manière dont elle glisse sur le papier. Le tout sous une forme abstraite.

 

Ce film Point-Ligne-Plan se retrouve donc imprimé dans la collection de l'hiver 2010 ?
Oui, mais ce film existe depuis de nombreuses années, il n'a pas spécialement été produit pour la collection d'Aventures des Toiles. Cette marque a vu ce film et c'est la première fois qu'elle se lance dans quelque chose où il n'y a pas de matière. La matière n'est qu'une illusion puisque la force de ce film est qu'il reste une aquarelle produite grâce à une technologie extrêmement sophistiquée. Grâce au système d'impression en jets d'encre, on obtient les mêmes effets et ça se sent dans le tissu. C'est ce qui est fascinant. Il y a par contre très peu d'interprétation possible puisque contrairement au travail effectué avec les artistes jusqu'à aujourd'hui - ils n'intervenaient pas dans la collection - on a travaillé, nous, sur un seul et même motif envahissant toute la robe. Evidemment c'est risqué puisque je travaille avec toute la gamme de couleurs. Je n'ai pas de principe de choix de couleurs, c'est la relation des couleurs entre elles qui fait l'harmonie du travail. On a respecté ici ce choix-là, tout est en mouvement comme dans le film. Et ces robes sont portées dans l'idée de ce mouvement en perpétuelle transformation. Cette collection sera lancée en magasin à partir de septembre 2010.

 

Pourquoi avez-vous accepté de jouer le jeu entre la mode et la création artistique ? Cette transversalité, qui peut exister entre l'artiste qui crée un produit autre que le sien, ce pont qui se crée entre 2 univers qui finalement sont liés par l'histoire de l'art, est-elle importante pour vous ?
Ce travail ne consiste qu'en cela puisque j'ai démarré aux arts décoratifs où j'ai reçu ce qu'on pourrait qualifier d'enseignement multimédia. J'étais dans l'atelier de Zaouki en peinture, j'étais en scénographie avec Jacques Lemarquet donc, déjà à la base, je ne voulais pas me fixer dans un domaine. Ensuite, j'ai continué à faire des scénographies et quand on fait des scénographies de théâtre, d'opéras ou des chorégraphies, on est aussi confronté aux costumes, aux lumières et à d'autres techniques de matériaux. Avec l'équipe d'Aventures des Toiles, ça s'est passé exactement de la même façon, j'ai été confronté à toutes les équipes. Ces échanges je les connaissais et je me suis senti tout de suite à l'aise. En plus, ce matériau-là : Point-Ligne-Plan, qui était un film au départ, est utilisé maintenant en impression sur tissu. Ca fait partie de cette évolution, de voir comment une idée progresse en fonction du temps et de sa réutilisation dans la vie. Ici, il s'agit d'une relation au mouvement et c'est ce qui m'a plu car je travaillais en fin de compte sur le pli, j'avais l'impression de travailler moins en aplats, plutôt de manière baroque. C'est comme si la lumière faisait vivre la matière, le tissu et mes motifs devenaient tout à fait autre chose par le mouvement. C'est ce qui me plait : de voir comment un motif qui était en aplat va maintenant se propager dans la lumière et vivre.

 

Ces robes constituent un nouveau support de l'art. On n'est plus dans la seule contemplation mais dans l'appropriation de l'œuvre ?
Oui, mais lorsque le chorégraphe m'a demandé de travailler avec lui c'était également un moyen de s'approprier l'œuvre. Aventures des Toiles n'a pas choisi un tableau, elle a voulu choisir ce qu'elle ne connaissait pas : le numérique. C'est une autre appropriation de l'œuvre sur un tissu qui va être porté. C'est encore une nouvelle aventure pour moi qui me passionne complètement, je ne sais pas encore de quelle façon on peut continuer à la décliner mais tant qu'on la déclinera je suis partant.

 


Contact presse
Marie-Claude Prévitali
06 08 98 74 13

 



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