Camille Lacourt : confidences de l’un de ses potes avant la finale du 100 dos ce soir
Yannick Cadilhac, 23 ans, est l'un des meilleurs amis de Camille Lacourt. Il était son camarade de chambre de quand ils étaient lycéens à Font-Romeu. Camille rejoindra d'ailleurs Yannick après les Europe à Perols où il vit. Entraîneur aux Dauphins du TOEC jusqu'à la fin de la saison, Yannick rejoindra le club de Saint Raphaël à la rentrée pour passer son BE2 et se rapprocher de son amie. L'ancien sprinter en crawl et papillon raconte...
Les jeunes années à Font-Romeu
« Camille aimait bien faire l'idiot. On faisait les fous tout le temps. On était convoqué tous les quinze jours chez le CPE. On a eu pas mal d'avertissements. Parmi nos bêtises : une grosse bataille au Nutella sous la douche... On jouait beaucoup à la belote avec deux autres amis de notre groupe. D'ailleurs on nous a souvent dit que si on travaillait autant qu'on jouait aux cartes on serait les premiers de la classe... Cette dissipation permanente ne nous a pas empêchés de décrocher notre bac du premier coup tous les quatre. Après chacun a fait les études qu'il voulait. L'un d'entre nous est parti en école d'ingénieur. Camille a choisi de s'investir dans la natation.
A l'entraînement, Camille était sérieux, il faisait le boulot et se donnait à fond. Quand je l'ai connu c'était un nageur moyen, il ne nageait pas vite. C'est à Font-Romeu à partir de 2002, sous la direction de Richard Martinez, qu'il a énormément progressé techniquement. »
Le tempérament de Camille Lacourt
« Camille respire la joie de vivre. Il est heureux dans ce qu'il fait. Il profite de tous les moments. Il manifeste toujours beaucoup d'entrain. On ne s'ennuie jamais avec lui. Il s'amuse tout le temps. Il est toujours souriant. Il est aussi très dévoué. Je sais que je peux compter sur lui quoi qu'il arrive. »
Camille Lacourt, côté technique
« Camille connaît une progression constante qui n'est pas terminée
- dans les coulées : il sort juste quand il faut. Il lui est arrivé dans le passé de sortir trop tôt, donc pas efficace ou trop tard et d'être disqualifié
- une nage très bien placée. Sa tête ne bouge pas, les épaules non plus. Il est bien gainé. Ses bras sont bien placés sous l'eau. Il est assez haut sur l'eau ce qui lui permet de bien glisser. Il a acquis qualités de nage au contact de Richard Martinez
- physiquement, il a gagné en masse musculaire et en épaisseur. A Font-Romeu, il avait la peau sur les os. Son physique filiforme lui a donné son surnom « GTM ». On est que quelques-uns à connaître sa signification, c'est top secret. Je ne l'appelle que sous ce diminutif... Il a mis du temps à prendre de la force et de la masse, d'abord chez Philippe Lucas, puis avec Romain Barnier à Marseille. Il a malgré tout gardé sa belle nage. Romain l'a aussi fait évoluer techniquement et l'a aidé à augmenter ses capacités physiques dans et hors de l'eau.
Cette progression n'est pas terminée. Il va continuer son ascension jusqu'aux Jeux. Hier, on l'a vu gagner cinq dixièmes entre les séries le matin et les demi-finales le soir sur 100 dos avec une incroyable aisance. S'il nage comme cela en finale ce soir, personne ne pourra lui résister. Il doit cette progression à son travail, à son implication. Il mérite ce qui lui arrive. Il s'en est donné les moyens. »
Marie-Claude

